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Dans les bâtiments du Lycée Henri Moissan, on compte l’Ancien Collège de Meaux (lui-même anciennement Couvent des Ursulines). Ce collège était prestigieux, et c’est celui là même qui a accueilli le jeune Henri Moissan. C’est bien plus tard que les locaux du lycée se sont agrandis et installés au 20 cours Verdun, près de la g are.

Le Collège de Meaux, autrefois couvent, date du XVIIe siècle. Il a non seulement subi des changements considérables en passant par les diverses directions ecclésiastiques et laïques, mais il fut même, selon les époques, installé dans des locaux différents, en divers points de la ville. L’historique du terrain où s’élève le Collège est assez curieux ; en effet, au douzième siècle, il s’agissait du cimetière juif de la ville de Meaux.

C’est bien plus tard, au XVIe siècle, qu’on établit sur l’emplacement de ce cimetière un théâtre, comme il en existait un si grand nombre au Moyen-Age, où l’on jouait ce qu’on appelait « les Mystères ». Il s’agissait de drames joyeux ou tristes, mais toujours naïfs, dont le but était d’édifier les masses et dont l’action était empruntée aux scènes du Nouveau Testament et particulièrement à la Passion du Christ.

Cependant,  l’historien Rochard rapporte que les acteurs de ces Mystères, préférant de loin les rôles qu’ils jouaient à leur propre vie, délaissèrent leur ouvrage quotidien et finirent pour la plupart gueux et mendiants : celui qui représentait Satan fut pendu, et celui qui jouait le désespoir s’empoisonna lui-même. Légendes ou histoire vraie, il n’en reste pas moins que le théâtre disparu.

Jehan Guignon, couturier en drap, acquit le terrain, fit raser le théâtre et fit construire à la place quelques maisons. Puis il vendit sa propriété à la ville, qui désirait y édifier un collège. L’initiative de sa fondation fut prise par l’évêque de Meaux, Louis III. Néanmoins, après quelques années d’existence, les locaux du Collège sont transférés, sans doute près de l’ancien hôpital Jehan Rose.

C’est le 24 avril 1648 que la ville de Meaux, par acte passé devant Maitre Charpentier, notaire à Meaux, céda aux religieuses Ursulines le terrain et les deux maisons alors inoccupées qui avaient été primitivement le Collège. L’initiative de cette pieuse fondation fut prise par Hélène Boullé, veuve de Samuel de Champlain, illustre navigateur et colonisateur du Canada, et elle prit d’ailleurs le voile cinq mois plus tard dans cette même maison. Monseigneur Séguier, en charge du bâtiment de l’Ancien Collège, acceptait l’établissement de cette communauté à la condition qu’elle relèverait de sa juridiction et que les religieuses enseigneraient gratuitement jeunes filles riches et pauvres sans distinction. Le couvent des Ursulines était prédestiné à devenir un Collège de filles, par son enseignement qui s’étendait indifféremment aux deux sexes.

Puis les prêtres séculiers reprennent le « contrôle » du Collège de Meaux, et ce jusqu’à la Révolution Française. Dès lors, le bâtiment deviendra « propriété nationale », et sera laïcisé. Le 11 juillet 1792, l’Assemblée Législative déclare la Patrie en danger : les volontaires affluent de partout, et les professeurs et élèves de Meaux ne furent pas indignes de leur patriotisme. Le Collège est alors déserté, et ce, pendant une longue période. C’est seulement après les plus dures années de la période révolutionnaire que professeurs et élèves regagnent l’ancien couvent des Ursulines, devenu Collège de Meaux.

On sait qu’à la fin de l’année scolaire 1859, l’inspecteur d’académie informa le principal que le collège de Meaux, tant pour le nombre de ses élèves que pour l’excellente direction des études, avait figuré le premier sur la liste des collèges de l’Académie de Paris. L’établissement comptait alors 165 internes, qui, réunis aux demi-pensionnaires et aux externes, faisaient un total de 185 élèves. Sous la ferme administration d’un certain M. Guyot, (1842-1863), le Collège de Meaux atteignit une prospérité tout à fait remarquable. Le renom des fortes études qu’on y faisait se répandit au loin et beaucoup, parmi les jeunes gens qui y séjournèrent à cette époque, devaient dans les différentes carrières atteindre des sommets.

Le Collège est alors réservé aux garçons et on sait qu’Henri Moissan y  fait ses études secondaires, de 1864 à 1868.

Cette prospérité dure pendant de longues années. On lit en effet dans un rapport du recteur de l’Académie de Paris, M. Mouriès, qu’il fit en 1878 : « Dans l’enseignement classique où l’organisation du personnel semblerait donner aux Lycées une si grande supériorité, nous comptons à l’actif du Collège de Meaux : un 1er prix de mathématiques et un 1er prix de géographie, un 2e prix de version latine en seconde et un 1er prix de thème latin en quatrième. Ce Collège occupe donc le deuxième rang sur 4 Lycées et 23 Collèges. Meaux a bien mérité, à raison de ses études, la haute distinction que nous avons obtenue pour son principal, agrégé de l’Université. » M. Muller, alors principal, avait en effet été nommé chevalier de la Légion d’honneur l’année précédente.

Peu à peu, pour des raisons démographiques et institutionnelles, le Collège a dû être transformé en Lycée, actuellement le Lycée Henri Moissan. L’ancien bâtiment du Collège de Meaux est alors devenu insuffisant en termes de taille pour accueillir un nombre d’élèves de plus en plus conséquent. La construction du nouveau bâtiment, beaucoup plus moderne dans ses formes, s’imposait. Il se trouve actuellement au 20 cours Verdun, devant la gare de Meaux. Sa façade est postérieure à la construction du corps du Lycée, visible dans l’enceinte au-delà de la première cours. Ils datent du XIXe siècle. Le bâtiment qui accueillait anciennement le couvent des ursulines est donc devenu une « annexe » du Lycée. Il accueille aujourd’hui le réfectoire, l’internat de la classe préparatoire scientifique, ainsi que les salles de théâtre. Le bâtiment Courteline comme on le nomme aujourd’hui, est donc toujours au cœur de la vie scolaire du Lycée Henri Moissan.

C’est d’ailleurs seulement après le XIXe siècle que le Lycée a ouvert son enseignement aux filles, et est devenu un lycée dit mixte. C’est bien entendu toujours le cas aujourd’hui.

Bien qu’il jouisse d’un prestigieux passé, le Lycée Henri Moissan tente aujourd’hui de diversifier les enseignements qu’il propose ; autrefois un excellent centre de formation pour les professions libérales, le lycée propose désormais des matières davantage tournés vers la culture (Théâtre, Arts Plastiques, Club de Musique…) et tente ainsi de conserver son héritage tout en renouvelant l’enseignement classique qui y était dispensé.